Adieu l’Ami
L’un de nos grands amis vient de nous quitter : il s’agit de "Bon Sens".
Il a vécu parmi nous de nombreuses années. Personne ne connaît exactement son âge, car les registres des naissances ont été perdus, dans les méandres de la bureaucratie. On se souvient de lui pour ses leçons de vie, comme : "La journée appartient à celui qui se lève tôt", "il ne faut pas tout attendre des autres" et "Ce qui arrive est peut-être de ma responsabilité".
Bon Sens vivait avec des règles simples et pratiques comme "Ne pas dépenser plus que ce que l’on a" et des principes éducatifs clairs, comme "Ce sont les parents et non les enfants qui décident". Bon Sens a perdu pied quand les parents ont attaqué des professeurs qui ont fait leur travail en voulant apprendre aux enfants les bonnes manières et le respect.
Un enseignant renvoyé pour avoir réprimandé un élève trop excité a encore aggravé l’état de santé de Bon Sens, il s’est encore plus détérioré quand les écoles ont dû demander et obtenir une autorisation parentale pour mettre un petit pansement sur le petit bobo d’un élève sans pouvoir informer les parents des dangers bien plus graves encourus par l’enfant.
Bon Sens a perdu la volonté de survivre quand les criminels recevaient un meilleur traitement que leurs victimes. Il a encore pris des coups quand cela devint répréhensible de se défendre contre un voleur dans sa propre maison et que le voleur pouvait porter plainte pour agression.
Bon Sens a définitivement perdu sa foi quand une femme qui n’avait pas réalisé qu’une tasse de café bouillante était chaude, en a renversé une petite goutte sur sa jambe et pour cela a perçu une indemnisation colossale.
La mort de Bon Sens a été précédée de la mort de ses parents : Vérité et Confiance, de celle de sa femme : Discrétion, de celle de sa fille : Responsabilité ainsi que de celle de son fils : Raison.
Il laisse la place à ses 3 faux-frères : "Je Connais Mes droits", " C’est la Faute Des Autres" et "Je Suis Une Victime". Il n’y avait pas foule à son enterrement, car il n’y a plus beaucoup de personnes pour se rendre compte qu’Il est parti…
Théo Confort
Don Bosco France
Mars 2007
Merci à Monique Vezeau |